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Jean François MARIN : Photographe

PORTFOLIO ILES > 4 île de Corse, Mer Méditerranée

Le Projet

Contexte

La Corse, île montagneuse de Méditerranée, est une collectivité territoriale française, voisine de la Sardaigne, entre la péninsule italienne et le continent français. Son histoire, depuis plus de deux siècles, s’est construite autour de ses relations avec l’état français, relations rendues difficiles par son isolement insulaire, un profond malentendu et une absence de projet commun.

La population sera profondément marquée par cette situation, à l’origine d’un mal être croissant mais aussi d’un repli identitaire fort.

Aujourd’hui, après plusieurs décennies de crise, la Corse est à la croisée des chemins. Le processus de Matignon, puis les lois de décentralisation répondent aux principales attentes et revendications des insulaires. Il apporte une nouvelle dynamique politique et réinvente des liens entre le continent et l’île. Surtout, ces projets développent une confiance dans un peuple corse plus autonome, sur le modèle qui a prévalu en Nouvelle-Calédonie. Mais tout reste fragile surtout après le résultat du référendum proposé au peuple corse en juillet dernier.

 

L’espoir renaît au sein de la société corse face à ce nouveau défi que la collectivité nationale, tout en essayant de comprendre, se propose d’accompagner.

Cette détermination de l’avenir va poser en premier lieu la question de l’identité insulaire, de ses capacités d’intégration et de sa volonté d’ouverture au monde, au cœur d’une région méditerranéenne nouvellement intégrée au projet européen.

 

Ma volonté de photographier la société corse s’inscrit dans une réflexion sur l’identité insulaire, commencée en 1997 en Nouvelle-Calédonie et qui m’a amené, 3 ans plus tard, à publier un ouvrage de photographies sur les calédoniens.

Beaucoup de similitudes dans la situation aujourd’hui de ces deux îles m’amènent à imaginer le projet corse comme une suite à mon travail calédonien, conscient des singularités de chacun.

Le projet s’organise autour d’une même démarche de rencontres et de description du quotidien à un moment particulier de l’histoire d’un peuple que le photographe se propose de partager et de témoigne

Projet photographique

L’approche photographique s’inscrit dans ce questionnement sur l’identité insulaire corse, au moment où cette société s’interroge sur son avenir au sein de la république et au cœur d’une Europe méditerranéenne. La singularité de ce peuple reste une évidence et souvent une énigme pour celui qui veut tenter de comprendre.

Le projet a pour ambition de dresser un état des lieux de la vie quotidienne des Corses, chroniques de l’insularité, de la méditerranéité, entre montagnes et plages, villages et quartiers urbains, entre saison d’hiver et d’été.

L’ensemble photographique doit s’articuler autour de deux axes :

La réalisation d’une série de portraits noir et blanc :

Portraits de groupe, de famille ou de personnes pris dans leur environnement immédiat de vie, de travail ou de détente, au rythme des habitudes des lieux visités. Ce reportage éthnophotographique s’inscrit avant tout dans une démarche documentaire.

La réalisation d’une série de photographies couleur :

Où le photographe libère son regard autour de la représentation de l’identité insulaire en cherchant arbitrairement les indices au fil des rencontres et de découvertes de lieux.

Une approche subjective en contrepoint des portraits, à travers le paysage, les objets, natures mortes et intérieurs intimes.

Par le croisement de ces deux approches différentes mais complémentaires, le photographe fait d’une part œuvre de mémoire et de témoignage en dressant un tableau exemplaire de la société corse d’aujourd’hui et d’autre part œuvre de création en y apportant un éclairage plus personnel.

Ces regards mêlés constituent une radioscopie d’une île dont la beauté a trop souvent estompé la rencontre et la connaissance de ses habitants.

Déroulement

Plusieurs lieux, répartis sur l’ensemble du territoire, sont choisis pour leurs particularités historiques, géographiques, économiques…

Ils constituent ainsi un cheminement représentatif des singularités de l’île, à travers deux régions de montagne et deux régions littorales.

Les prises de vues s’organisent en campagnes photographiques étalées sur une période d’une année, en tenant compte des rythmes saisonniers.

Le photographe s’installe plusieurs semaines dans une commune représentative de la région, dans le cadre d’une résidence d’artiste. Il partage la vie quotidienne des habitants

En parallèle à la réalisation des portraits en noir et blanc, le photographe retranscrit l’environnement spécifique aux lieux visités et aux populations rencontrées. Cet ensemble de paysages, de traces de vie, d’objets du quotidien, constitue le complément couleur.

Le choix de lieux :

Région de Bonifacio ( printemps 2002)

Extrémité méridionale de l’île, ce port de pêche et de voyageurs à destination de la Sardaigne doit sa renommée à son site géographique remarquable entre calanques et falaises. Grande activité touristique estivale, tournée vers la mer qui cache un développement globalement en déclin de la ville.

Région de Corte (hiver 2003)

C’est la capitale historique de la Corse, ville de passage dont l’implantation commande les circulations à l’intérieur de l’île et les liaisons entre les deux régions littorales. Depuis les années 80, la renaissance de l’Université au cœur de l’agglomération a créé une dynamique qui influe sur l’ensemble de cette région de montagne.

Région de l’Alta Rocca (été 2003)

Ensemble montagneux central du sud de l’île (Terra dei Signori), au pied du parc naturel régional (Bavella). Plusieurs petits villages où s’organise la vie quotidienne en montagne.  L’été, la région revit avec le retour au village des familles installées en bord de mer ou sur le continent.

Le Cap Corse et le Nebbio (automne 2003)

Cette péninsule montagneuse est une région à part entière, presque une île dans l’île. Ses particularités sont nombreuses: étonnante variété de climats et de paysages, organisation de l’habitat entre le hameau accroché à la colline et la « marine » construite au fond d’une crique qui souligne une vie quotidienne tournée vers la mer. Le cheminement photographique se fera le long du littoral, du désert des Agriates à l’extrême nord.