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Jean François MARIN : Photographe

PORTFOLIO ILES > 5 Nlle-Calédonie, Océan Pacifique

Le Projet

"Les calédoniens", île de Nouvelle-Calédonie

Les prises de vues ont été réalisées sur une période de deux années entre 1997 et 1999. Plusieurs lieux préalablement choisis, ont été investis par le photographe. Ils étaient représentatifs de la diversité des paysages et des modes de vies des calédoniens.

Régions de Poya, Côte Ouest  et  Ouégoa, nord,  mai / juin1997 

Région de Hienghène, Côte Est  et  l ïle de Lifou, Région des Loyautés, octobre / novembre 1997                              

Région minière de Ouinné et la ville de Nouméa, mars / avril 1998

Extrait du livre

La Nouvelle Calédonie est à l'aube d'une ére nouvelle. Ses habitants, kanaks, caldoches et les autres communautés asiatiques installées, vont découvrir une nouvelle façon de vivre ensemble, une nouvelle manière d'organiser leur vie sociale, économique et culturelle après cent cinquante ans de déchirements. por cela, il leur faudra à la fois s'ouvrir et se protéger.

Jean-François Marin a désiré rencontrer ces hommes et ces femmes, explorer leurs différences, retrouver la trace des générations passées sur les visages de ceux qui devront faire l'avenir. Dans ces rencontres, l'appareil photographique a été l'outil de la dernière étape, celui qui a permis de consacrer en un instant le symbole de cette visite, tout en faisant de cette image un relevé documentaire, anthropologique. il ne s'agit pas d'une démarche scientifique, mais d'une recherche d'artiste et d'explorateur. Jean-François Marin est un rapporteur, il raconte par ces photographies et leur accumulation, un point de vue et un état.

L'auteur est bien informé, les voyages successifs qui ont commençé lors d'un séjour "en coopération" lui ont permis de saisir les contradictions et les cohérences des différentes identités calédoniennes. Chaque rencontre a été une expérience délicate, et chaque image en est une conséquence. L'auteur n'a pas utilisé les techniques du reportage, celles qui mènent le photographe à guetter en permanence pour saisir la bonne image, celles qui prétendent traduire dans l'instant la quintessence d'une situation.

Jean-François Marin s'est muni d'un appareil lourd, encombrant, un de ces appareils qui sacralise par sa forme et son apparente complexité. Cet appareil ne peut saisir l'image "à la sauvette", mais n'empêche pas pour autant la spontanéité, il impose en revanche la disponibilté des sujets, et leur volonté d'être représentés.

Des visages, des attitudes de pose, des décors et paysages, le travail de jean-François marin relève patiemment et méthodiquement les indices d'une histoire passée et les prémices d'un avenir. C'est le cumul de toutes ces photographies qui permet, au delà des mots et des études, de conserver et de représenter un moment exceptionnel pour les peuples, ceux qui se libèrent de colonialisme et ceux qui l'abandonnent.

Serge Challon